Municipales aux Assions : La réserve, c’est pour les indiens?

Si le Picouret était un oiseau, il serait probablement connu pour ses chants matinaux, mais aux Assions, c’est un autre type de ramage qui a résonné le 30 janvier dernier dans la salle polyvalente. On y a vu une performance de haut vol : celle d’une employée de la mairie qui, visiblement, a confondu « service public » et « service d’ordre partisan ».

Le grand saut dans l'arène

Alors que la liste Les Assions 2026, Terre d’Avenir ! » tentait d'exposer ses idées, notre agent communal, dans sa fonction très « visible » pour la population, a décidé de sortir de sa « réserve » — non pas celle où l’on stocke les cartouches d'encre, mais celle que la loi lui impose. Pour une personne dont le métier consiste à rester aussi neutre qu’un Suisse en temps de conflits, l’ardeur mise à fustiger l’opposition, dossiers de la mairie sous le bras, a de quoi laisser pantois. Rappelons aux distraits que le Code général de la fonction publique (le petit livre rouge des agents, art. L121-2) impose une neutralité si stricte qu'un agent ne devrait même pas sourciller devant un bulletin de vote.


L'obligation de réserve : une option facultative?

Mais qu’est-ce que cette fameuse « obligation de réserve »? Pour certains, c’est sans doute une vague suggestion, un peu comme le code de la route un soir de fête. Pour le Conseil d’État, c’est pourtant une obligation de fermer les vannes de la passion politique, surtout quand on occupe un poste « visible ». Aux Assions, le concept semble avoir été réinventé : plus on est proche du maire, plus on aurait le droit de mordre? Mauvais calcul. La jurisprudence est pourtant claire : plus l'agent est « visible », plus il doit être muet.

Le syndrome de Toulouse : une épidémie à éviter

Si d’aventure certains pensent que l'impunité est de mise sous le soleil de l’Ardèche, un petit détour par le Tribunal Administratif de Toulouse s'impose. En juillet 2025, un agent un peu trop « mordu » de politique a été révoqué — oui, vous avez bien lu, la porte, définitivement — pour s'être un peu trop « investi » dans une campagne électorale. Chez nous aussi, on serait loyal envers le patron, pas envers la commune ? Mais le juge, lui, ne fait pas de différence : un agent public n’est pas un supporter de tribune.

Et si on annulait tout?

Le clou du spectacle reste le risque pour Monsieur le Maire. Car à force de laisser ses agents jouer les chiens de garde, on finit par mordre la démocratie. Si le juge estime que ce comportement partisan a altéré la « sincérité du scrutin » (un joli mot pour dire qu'on a faussé le jeu), c’est l’élection entière qui pourrait finir à la corbeille.

Alors, aux Assions, on se calme. On range ses banderoles dans la réserve et on se rappelle que la mairie appartient à tout le monde, même à ceux qui ne votent pas « comme il faut ». Sinon, le Picouret risque de ne plus être le seul à être « enchaîné »

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